
Sophie est arrivée à ma consultation avec un dossier épais de captures d’écran. Des photos Instagram, des sites de cliniques à l’étranger, des témoignages glanés sur des forums. Elle voulait un bonnet C, « mais naturel, surtout pas l’effet obus ». Après 45 minutes d’échange, j’ai dû lui expliquer que ses attentes initiales ne correspondaient pas à sa morphologie. Ce recadrage, je le fais plusieurs fois par semaine. Les patientes arrivent avec des images en tête, rarement avec une compréhension réaliste de ce qui est faisable pour leur corps.
Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. Consultez un chirurgien plasticien qualifié pour toute décision concernant une intervention.
L’essentiel sur l’augmentation mammaire en 4 points
- Trois techniques principales : implants ronds, anatomiques, lipofilling
- Le choix dépend de votre morphologie et de vos attentes de volume
- Délai de réflexion légal de 15 jours minimum avant intervention
- Résultat définitif visible à 6 mois post-opératoire
Les trois techniques d’augmentation mammaire que je pratique
Quand une patiente me demande quelle est « la meilleure technique », ma réponse est toujours la même : celle qui correspond à votre corps. Les implants ronds ont mauvaise presse à tort. Le lipofilling séduit par son côté naturel, mais il a des limites que beaucoup ignorent. Je me concentre ici sur les trois approches que je maîtrise et que je recommande selon les profils.
Implants ronds : plus polyvalents qu’on ne le croit
L’idée reçue persiste : implants ronds égalent effet artificiel. Faux. En position dual plane (partiellement sous le muscle pectoral), un implant rond à profil modéré donne un galbe naturel chez la majorité des patientes que j’opère. Le placement sous-musculaire écrase légèrement la partie supérieure de l’implant, ce qui évite justement cet aspect bombé que tout le monde redoute.
Les implants ronds présentent un avantage technique majeur : ils ne peuvent pas tourner. Contrairement aux anatomiques, leur rotation éventuelle ne modifie pas le résultat esthétique. Pour les patientes qui font du sport intensif ou qui craignent les complications à long terme, c’est un argument qui pèse. La compréhension du choix des implants mammaires anatomiques permet de mieux saisir ces différences techniques.
Implants anatomiques : dans quels cas les recommander
Je réserve les implants anatomiques à des situations précises. Thorax plat, peu de tissu mammaire natif, patiente très mince : dans ces cas, la forme en goutte compense le manque de couverture naturelle. La base plus large et le sommet effilé imitent mieux la pente mammaire physiologique.
Le risque de rotation existe, même s’il reste rare avec les textures microtexturées actuelles. En consultation, je suis transparent sur ce point : si une rotation survient, une reprise chirurgicale devient nécessaire. Comptez environ 2 à 3 % de ce type de complication selon les séries publiées.

Lipofilling : une option naturelle avec ses limites
Le lipofilling mammaire consiste à prélever de la graisse (généralement sur le ventre, les hanches ou les cuisses) puis à la réinjecter dans les seins. Le résultat est indéniablement naturel au toucher. Mais soyons clairs : cette technique ne permet pas de gagner plus d’un bonnet, parfois un bonnet et demi au maximum.
La prise de greffe varie entre 50 et 70 % selon les patientes. Une partie de la graisse réinjectée se résorbe dans les trois premiers mois. Pour les femmes qui souhaitent passer d’un bonnet A à un bonnet C, le lipofilling seul ne suffit pas. J’oriente alors vers une technique combinée ou vers les implants.
Quand l’augmentation seule ne suffit pas
Si vos seins présentent une ptose de grade 2 ou 3 (mamelon au niveau ou en dessous du sillon sous-mammaire), l’augmentation par implants ou lipofilling ne corrigera pas l’affaissement. Une mastopexie (lifting mammaire) associée sera nécessaire pour obtenir un résultat harmonieux.
Choisir entre implants et lipofilling : mon arbre décisionnel
En consultation, j’utilise systématiquement une grille de critères pour orienter mes patientes. Ce n’est pas une question de préférence personnelle ou de mode : c’est une question d’adéquation entre la technique et le corps. Le processus d’augmentation mammaire commence toujours par cette évaluation morphologique rigoureuse.
Quelle technique pour votre profil ?
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Vous souhaitez gagner plus d’un bonnet :
Les implants (ronds ou anatomiques) sont recommandés. Le lipofilling seul ne permettra pas d’atteindre ce volume.
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Vous avez des zones de graisse disponibles et souhaitez une augmentation modérée :
Le lipofilling est envisageable. Comptez une réserve graisseuse suffisante (ventre, hanches, cuisses) et des attentes réalistes (un bonnet maximum).
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Vous présentez une ptose mammaire associée :
Une mastopexie combinée aux implants doit être évaluée. L’augmentation seule ne corrigera pas l’affaissement.
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Vous êtes très mince avec peu de tissu mammaire :
Les implants anatomiques en position dual plane offrent généralement le meilleur résultat naturel.
Ce schéma simplifie bien sûr la réalité. L’élasticité de votre peau, l’écartement de vos seins, la largeur de votre thorax : tous ces paramètres entrent en compte. C’est pourquoi la consultation d’au moins 45 minutes que je recommande n’est pas un luxe, mais une nécessité.
Le récapitulatif ci-dessous synthétise les différences concrètes entre les trois techniques selon six critères que mes patientes mentionnent systématiquement.
| Critère | Implants ronds | Implants anatomiques | Lipofilling |
|---|---|---|---|
| Volume possible | +2 à +3 bonnets | +2 à +3 bonnets | +1 bonnet max |
| Durée résultat | 10-15 ans | 10-15 ans | Définitif (graisse intégrée) |
| Cicatrices | Sous-mammaire ou péri-aréolaire | Sous-mammaire | Micro-incisions (zones prélèvement) |
| Coût moyen | 5 500 – 7 000 € | 6 000 – 8 000 € | 4 500 – 6 500 € |
| Récupération | 2-3 semaines | 2-3 semaines | 1-2 semaines |
| Impact allaitement | Généralement préservé | Généralement préservé | Aucun impact |

De la consultation au résultat : ce qui vous attend vraiment
Les délais annoncés sur internet sont souvent optimistes. « Reprise du sport à 3 semaines » : techniquement possible pour une marche rapide, irréaliste pour du fitness ou de la natation. Dans ma pratique, je constate régulièrement que les patientes sous-estiment le temps réel avant de reprendre une activité sportive. Sur mes consultations de suivi, celles qui reprennent trop tôt présentent des œdèmes prolongés. Ce constat est limité à ma pratique parisienne et peut varier selon la technique utilisée et la morphologie de chaque patiente.
Le cas de Sophie : quand les attentes doivent être recadrées
J’ai accompagné Sophie, 34 ans, commerciale et mère d’un enfant. Elle venait pour une augmentation après son allaitement. À l’examen, j’ai constaté une ptose mammaire modérée qu’elle n’avait pas anticipée. Elle s’attendait à des implants seuls, mais le résultat aurait été décevant : des seins plus volumineux, certes, mais toujours affaissés. Je l’ai réorientée vers une mastopexie associée aux prothèses. Trois mois après, elle m’a dit que ce recadrage initial avait fait toute la différence.
Le parcours réel, tel que je le pratique, suit une chronologie précise. Les techniques de lipofilling mammaire naturel suivent un protocole similaire, avec quelques spécificités liées au prélèvement graisseux. Voici les étapes que je détaille à chaque patiente.
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Consultation initiale + remise du devis détaillé obligatoire -
Fin du délai de réflexion légal (15 jours minimum) -
Consultation anesthésiste + bilan préopératoire -
Intervention (1h à 1h30, ambulatoire ou 1 nuit) -
Première consultation de contrôle -
Retrait des fils + évaluation cicatrisation -
Reprise activités légères autorisée -
Résultat définitif visible
Le délai de réflexion de 15 jours n’est pas une formalité administrative. Selon le document officiel du Ministère de la Santé, ce délai minimum doit être respecté entre la remise du devis et l’intervention pour toute chirurgie esthétique. C’est le temps nécessaire pour digérer les informations, poser des questions complémentaires, et confirmer (ou non) votre décision.
Résultats à court et long terme : ce que je dis à mes patientes
Franchement, la question de la durée de vie des implants génère beaucoup de confusion. Les chiffres que l’on trouve varient considérablement. Ce que je dis à mes patientes : prévoyez un changement de prothèses au bout de 10 à 15 ans, parfois avant si un problème survient, parfois après si tout va bien.
10-15 ans
Durée de vie moyenne des implants mammaires selon le Ministère de la Santé
La fiche reconstruction du Ministère de la Santé confirme cette fourchette et recommande de se poser la question du remplacement préventif dès la dixième année. Ce n’est pas une obligation systématique, mais une vigilance à avoir.
Concernant les complications, les contractures capsulaires représentent la préoccupation principale. Le corps forme naturellement une capsule fibreuse autour de l’implant. Dans certains cas, cette capsule se contracte et durcit, déformant le sein. Selon le bilan matériovigilance ANSM 2022, les contractures capsulaires représentent près de 48 % des effets indésirables déclarés sur la période 2014-2020.
Surveillance recommandée après augmentation mammaire
La SOFCPRE recommande une surveillance annuelle chez votre chirurgien, gynécologue ou médecin traitant. En cas d’épanchement abondant, d’augmentation de volume inexpliquée, de douleur ou d’inflammation du sein, consultez rapidement.
Le taux de ruptures déclaré reste très faible : de 0,01 à 0,30 % selon la durée d’implantation, d’après les données ANSM. Ce qui me préoccupe davantage, c’est le suivi. Trop de patientes « oublient » leurs implants une fois le résultat obtenu. Or, une échographie mammaire annuelle ou biannuelle permet de détecter précocement tout problème.
Mon avis (qui n’engage que moi) : le vrai succès d’une augmentation mammaire se mesure à 5 ans, pas à 6 mois. Les photos avant/après que vous voyez partout montrent des résultats récents. La qualité du suivi sur la durée, elle, ne se photographie pas.
Vos questions sur l’augmentation mammaire
Ces questions reviennent à chaque consultation. Je préfère y répondre franchement plutôt que de laisser circuler des approximations.
Est-ce que l’augmentation mammaire fait mal ?
Les premiers jours, oui. Les patientes décrivent une sensation de tension, de courbatures intenses au niveau du thorax. La douleur est bien contrôlée par les antalgiques prescrits. Elle diminue significativement après 72 heures et devient gérable avec du paracétamol simple vers J+7. Le placement sous-musculaire est généralement plus douloureux initialement que le placement prépectoral.
Combien de temps avant de reprendre le sport ?
La marche est autorisée dès J+3. Les activités légères (yoga doux, vélo d’appartement sans résistance) vers J+30. Le sport avec impact sur le haut du corps (natation, tennis, fitness) : comptez 6 à 8 semaines minimum. C’est plus long que ce qu’annoncent certains sites, mais c’est la réalité pour cicatriser correctement et éviter le déplacement des implants.
Est-ce que ça se voit que j’ai des implants ?
Cela dépend de trois facteurs : le volume choisi par rapport à votre morphologie, la technique de placement, et votre couverture tissulaire naturelle. Un implant de 300 cc sur une patiente avec du tissu mammaire natif et un placement dual plane sera quasi indétectable. Le même implant sur une patiente très mince avec placement prépectoral sera plus visible. C’est tout l’enjeu de la consultation initiale.
L’allaitement est-il possible après l’intervention ?
Dans la grande majorité des cas, oui. La voie d’abord sous-mammaire préserve totalement la glande. La voie péri-aréolaire peut théoriquement impacter les canaux galactophores, mais les études montrent que l’allaitement reste possible pour la plupart des femmes. Je conseille d’attendre au moins un an après l’intervention avant d’envisager une grossesse.
Quelle est la durée de vie des implants ?
Entre 10 et 15 ans en moyenne. Ce n’est pas une date d’expiration : certaines patientes gardent leurs implants plus de 20 ans sans problème. Mais la surveillance annuelle est indispensable, et un changement préventif peut être envisagé dès la dixième année selon les recommandations officielles.
Votre plan d’action avant de consulter
- Vérifiez que le chirurgien est qualifié en chirurgie plastique et inscrit au Conseil de l’Ordre
- Préparez vos questions sur la technique recommandée pour VOTRE morphologie, pas pour un idéal abstrait
- Demandez un devis détaillé incluant honoraires, frais de clinique, anesthésie et suivi post-opératoire
- Respectez les 15 jours de réflexion légaux, même si vous êtes certaine de votre décision
Une dernière chose. Les patientes que j’accompagne me posent rarement la bonne question en première consultation. Elles demandent « quel volume ? » alors qu’elles devraient demander « quelle technique pour mon corps ? ». Le volume découle de l’évaluation morphologique, pas l’inverse. Gardez cette inversion en tête quand vous rencontrerez votre chirurgien.
Précautions avant de vous engager
- Ce guide ne remplace pas une consultation médicale personnalisée avec examen clinique
- Les résultats varient selon la morphologie, la qualité de la peau et les antécédents médicaux
- Les délais et coûts mentionnés sont des moyennes constatées et peuvent varier selon le praticien et la technique
Risques à connaître :
- Risque de contracture capsulaire nécessitant reprise chirurgicale (3 à 10 % des cas selon les études)
- Risque d’asymétrie résiduelle nécessitant retouche
- Risque de perte de sensibilité mamelonnaire temporaire ou permanente
Consultez un chirurgien plasticien qualifié membre de la SOFCPRE pour une évaluation personnalisée.